Soutien de la société civile tchadienne aux centrafricains

Agir maintenant pour sauver la Centrafrique

6 Décembre 2013 : Message de solidarité à la Centrafrique du Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation (CSAPR), collectif de la société civile tchadienne en faveur d’une paix durable.

Le 24 mars 2013, la coalition « Seleka » a renversé le régime du Président François Bozizé en République Centrafricaine. Ce nouveau coup de force militaire a provoqué une situation de violences et d’instabilité extrêmement préoccupante. Bien que la Transition dirigée par le Président Michel Djotodia et le Premier Ministre Me Nicolas Tiangaye semble faire consensus politique, les institutions mises en place pour cette période transitoire ne parviennent absolument pas à assurer la sécurité des populations sur l’ensemble du territoire centrafricain, et même au sein de la capitale Bangui, comme en témoignent les terribles évènements de la nuit du 5 décembre. Les réalités sur le terrain le confirment : on observe le déplacement massif des citoyens d’un village à un autre, se réfugiant dans les lieux de culte ou des abris de fortune, en espérant fuir les groupes d’individus armés, constitués d’éléments de l’ex-Séléka ou d’anti-balakas, qui n’hésitent pas à violenter et à tuer, semant la terreur et la désolation dans le pays. On observe également la montée et l’instrumentalisation de conflits à caractère religieux qui menacent l’unité du peuple centrafricain. A cette situation sécuritaire dramatique, s’ajoute une crise humanitaire déplorable due à l’accès difficile aux services publics de santé, à la famine qui touchent de nombreuses familles, à la paralysie des activités économiques, pour ne citer que cela.

Compte tenu des réalités sociopolitiques complexes qui existent dans la sous-région, les actions préconisées par les Etats de la zone CEMAC, bien trop timides, n’auront pour le moment été d’aucune efficacité. Les considérations politiques ainsi que les intérêts partisans semblent prendre le pas sur la protection de l’avenir de la Nation centrafricaine. Et pourtant, en Afrique, le devoir de «sauver la case du voisin qui brûle» est sacré. Bien qu’ils ne disposent pas de moyens conséquents pour répondre à eux-seuls face à la crise, les Etats voisins et la communauté CEMAC ont une responsabilité envers la Centrafrique et doivent œuvrer à la restauration de la paix et au respect des droits de l’Homme.

Les forces politiques et sociales centrafricaines, bien qu’affaiblies par les différentes crises qu’a connues le pays, tentent de participer à la sortie de cette crise. La récente mission de la société civile centrafricaine à New York auprès des Nations Unies a permis de témoigner de la situation dramatique que vivent les populations et de plaider sur l’urgence à intervenir. Le Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation (CSAPR) salue cette initiative qui démontre la volonté de la société civile centrafricaine de lutter pour la paix.

Le CSAPR adresse un message de solidarité à l’endroit de la société civile centrafricaine et lui affirme son soutien dans ses actions courageuses pour le retour de la paix. Elle l’encourage à multiplier les actions en vue de restaurer le dialogue entre toutes les communautés centrafricaines, pour finalement parvenir à la reconstruction de la cohésion nationale. Au vue de l’amitié que nous portons au peuple centrafricain, et considérant l’impact potentiel du conflit dans la sous-région, le CSAPR appelle également l’ensemble des sociétés civiles sous régionales à s’allier aux côtés de la société civile centrafricaine pour l’aider dans son combat.

Pour sa part, le CSAPR s’engage à effectuer une mission à Bangui au courant de l’année 2014 afin de réaffirmer ce soutien à la société civile centrafricaine. Par ailleurs, le CSAPR propose une conférence sous régionale de la société civile consacrée à la paix et à la sécurité. Cette conférence pourrait servir d’espace de dialogue et d’élaboration de propositions politiques en vue de contribuer à la paix durable en république centrafricaine et dans la sous-région.

Le CSAPR se réjouit du vote de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU permettant le déploiement de la MISCA, la force africaine, et des forces françaises pour le retour de la sécurité en Centrafrique. Il s’agit aussi à présent de mobiliser les fonds pour la prise en charge de la question humanitaire. Enfin, il est primordial d’accompagner un processus politique en vue d’organiser des élections libres et transparentes dans les plus brefs délais.

Auteur de l’article : Acentek01