Rencontre nationale des jeunes sur le vivre-ensemble

Du 23 au 25 février, le CSAPR et l’APAD ont organisé une action conjointe sur le vivre-ensemble en faveur des jeunes. Ils étaient 100, issus de 20 régions différentes.

Ils ont eux-mêmes dressé un constat alarmant de la situation, en échangeant sur leur propres vécus : « méfiance entre les groupes, aucun brassage dans les écoles et même dans le pays où le lieu de résidence est fonction de l’identité, comportement supérieur de certains groupes, rejet entre les religions, peur et haine envers l’autre, hypocrisie, instrumentalisation politique ». Un jeune s’est interrogé sur l’existence même de « l’esprit de Nation » : par exemple, il a constaté que « lorsqu’il y a conflit, on se tourne vers son chef de race ou son chef communautaire, renforçant l’idée que seul appartenir à une ethnie ou un groupe peut te sauver, et qu’il faut donc aussi toujours sauver son frère en premier, même s’il est en tord ».

Les jeunes ont été passionnés par les interventions de l’imam Walar et du pasteur Benayal qui ont répondu à leurs interrogations sur des questions de la vie quotidienne ayant trait à la religion mais qui pèsent énormément sur les relations sociales. Une jeune fille de l’assemblée a par exemple du se convertir à l’Islam pour être acceptée de sa belle-famille qui refusait de manger sa cuisine ; alors que les textes ne l’interdisent absolument pas. Le poids des traditions a aussi été débattu.

Après la projection du documentaire « Moussa et Christian » sur deux jeunes tchadiens, l’un musulman, l’autre chrétien, qui tentent de combattre les ignorances et les préjugés, les jeunes se sont aussi efforcés d’imaginer les actions qu’ils pouvaient entreprendre dans leur localité respective pour le vivre-ensemble. L’idée étant que pour « vivre-ensemble », il faut « faire-ensemble » (et être créatif!). Par petit groupe, ils ont donc imaginé des petites actions concrètes, réalisables à leur échelle, qui n’engageraient pas de moyens financiers conséquents : des représentations théâtrales sur le vivre-ensemble, des « causeries » éducatives, des caravanes de sensibilisation, des sessions d’échanges dans les familles, organisation de partage de repas fraternels… Pour un meilleur vivre-ensemble, tout le monde doit et peut s’investir !

Auteur de l’article : Acentek01