Réformes institutionnelles: entre ambitions partisanes et unité nationale

Le 25 octobre 2016, le Président Idriss Déby Itno a lancé officiellement le projet de réformes institutionnelles par la mise en place du Haut Comité chargé des Réformes Institutionnelles (HCRI).

Au regard de la feuille de route du HCRI, des thèmes retenus ainsi que de la démarche de consultations nationales, ce projet porte des enjeux majeurs pour le renforcement de la démocratie et de la paix dans notre pays.

C’est pourquoi, le Comité de suivi de l’Appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR) et plusieurs organisations de la société civile tchadienne ont décidé de conjuguer leurs efforts à travers une initiative citoyenne, afin de mener des réflexions sur cette question de réformes politiques et institutionnelles. Après plus de 8 mois de travail de consultations des Tchadiennes et des Tchadiens, ces organisations ont produit un rapport qui comporte une analyse objective du contexte et de la perception des personnes interrogées ainsi que des propositions et recommandations.

Intitulé « les réformes institutionnelles au Tchad : entre ambitions partisanes et unité nationale », ce rapport met en exergue, en effet, les différentes réactions que suscite ce projet de réformes : ambitions, calculs et rejets que révèle le comportement de la classe politique (parti au pouvoir et ses alliés sont partisans de la réforme tandis que l’opposition n’adhère pas à la démarche et réclame un dialogue inclusif),la peur et les inquiétudes des Tchadiens vis-à-vis du changement, du vivre ensemble et surtout de l’unité nationale. Les réactions enregistrées ces derniers temps par rapport au supposé découpage proposé dans le rapport du HCRI confirme à suffisance cet état d’esprit du citoyen tchadien aujourd’hui.

Dans ce rapport alternatif, les organisations de la société civile font 20 propositions fortes parmi lesquelles :le maintien de la décentralisation et la réduction des régions à 14 sur la base des anciennes 14 préfectures (14 préfectures qui ont assuré un vivre ensemble exemplaire chez les Tchadiens) plus la ville de N’Djamena avec un statut particulier, la constitutionnalisation et la professionnalisation de la commission électorale nationale indépendante, la non introduction d’un poste de vice-président dans la constitution tchadienne, et la restauration d’un cadre juridique des forces armées et de sécurité en vue de l’application effective des éléments classiques des corps d’armes ainsi que des recommandations des Etats généraux de 2005.

Enfin, les organisations de la société civile, initiatrices de ce rapport, recommandent fortement que les réformes telles qu’envisagées par le Président Idriss Itno ne puissent se réaliser qu’à travers une consultation large de la population tchadienne, d’où la nécessité de l’organisation d’un REFERENDUM qui pourrait conférer à ce projet une crédibilité démocratique. Elles appellent par ailleurs toute la classe politique tchadienne à relancer le dialogue politique afin d’obtenir un consensus sur cette question de réformes et de préserver la stabilité politique du pays. Elles appellent aussi la communauté internationale (Nations unies, Union Africaine, Union Européenne, CEEAC, CEMAC, la France, la SUISSE, l’Allemagne, les Etats unis et la Chine) à soutenir toutes les initiatives tendant à la consolidation de la paix et de la démocratie au Tchad.

Télécharger (PDF, 7.6MB)

Auteur de l’article : Marcelin nodjindo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *