Les axes stratégiques du Programme Paix

Le programme Paix vise à agir sur les causes profondes des conflits

ACORD et CCFD ont construit leur stratégie de résolution des conflits dans cette sous-région sur l’accompagnement des sociétés civiles à construire une paix durable dans leur pays en agissant sur les causes profondes des conflits. Ces causes profondes sont la compétition sur les ressources naturelles, les tensions identitaires au sein des sociétés et la mauvaise gouvernance politique.

Le Programme Paix vise à aider les sociétés civiles à mettre en place :

• une gestion des ressources naturelles de manière coopérative et pacifique ;
• la construction d’un vivre ensemble basé sur des valeurs citoyennes et républicaines dans la richesse des identités des uns et des autres ;
• des systèmes politiques redevables, démocratiques et au service des populations

Le Programme Paix s’appuie sur cinq portes d’entrées opérationnelles :

Le dialogue entre parties prenantes
Le dialogue est un processus de réflexion, d’analyse d’une situation, des enjeux, d’une construction de perspective entre toutes les parties prenantes concernées, incluant notamment les groupes les plus exclus (dont les femmes). L’enjeu est notamment de se mettre d’accord sur l’analyse d’une situation (harmonisation des vues) afin de pouvoir tracer ensemble les perspectives. Pour ce faire, le dialogue (politique, interculturel, interreligieux…) passe par la construction la formation, la sensibilisation des acteurs en présence. Dialoguer, c’est prendre en compte les points de vue des différentes partie, s’écouter. Le dialogue est un outil méthodologique de nature à s’attaquer aux moteurs du conflit (latents ou ouverts). Il favorise la réconciliation, renforce et élargit le consensus et la cohésion sociale pour un meilleur vivre ensemble. Le dialogue peut aussi permettre de remettre en question les mécanismes de pouvoir et d’exclusion. Enfin, le dialogue au niveau local contribue à légitimer les processus de décentralisation et favorise l’émergence d’un État transparent et redevable.

L’égalité homme-femme et l’inclusion sociale
Les approches égalité homme-femme et l’inclusion sociale permettent de travailler sur les relations de pouvoir et d’exclusion entre les différentes catégories de la population, notamment des relations entre les femmes et les hommes, qui conditionnent bien souvent l’accès aux ressources, à la participation politique, etc. L’inclusion contribue à transformer les modèles de domination existant (raciale, sur les femmes, etc.) afin de pouvoir résoudre durablement les conflits et permet une compréhension plus riche des problématiques des conflits et de la construction de la paix. Il est nécessaire de comprendre précisément si l’accès des femmes à la terre a pu être source de conflit, si les inégalités homme-femme sont un des éléments causals des conflits et limitent notre capacité à résoudre les conflits.

La gouvernance
La gouvernance ne peut être exercée qu’après le dialogue pour permettre une réelle représentativité. Elle consiste aux espaces laissés par les mécanismes de transparence et de redevabilité pour interpeler les États, les institutions. La gouvernance doit être exercée au niveau de l’Etat mais également au sein de la société civile pour remédier aux problèmes de pouvoir au sein des coalitions. Poser la question de la gouvernance interne de ces structures est importante pour ancrer cette la gouvernance comme une pratique, une méthodologie indispensable pour un équilibre social.

La construction de mouvements sociaux
Cette approche permet d’accompagner la construction d’acteurs sociaux (et non des bénéficiaires de projet) et de contribuer à faire émerger des mouvements sociaux capables de promouvoir des transformations sociales. Un acteur social est entendu ici comme une organisation formelle ou informelle mais définissable et palpable. Un mouvement social correspond à une mobilisation d’acteurs sociaux et d’individus autours d’un enjeu, d’une situation, d’une vision

Le développement comme l’amélioration des conditions de vie
Assurer des conditions de vie digne (bien être, moyens d’existence) aux populations est nécessaire pour promouvoir la paix. La transformation sociale est un processus à long terme qui doit aussi se préoccuper des besoins quotidiens des populations (court terme). En effet, l’évaluation des programmes au Tchad a notamment montré qu’on ne peut travailler sur des processus de résolution des conflits sans travailler en même temps sur les questions urgentes qui se posent dans leur quotidien. Pour assurer ces conditions de vie digne, il faut s’assurer d’avoir cerné les aspirations et les constructions sociales des communautés avec lesquelles on travaille pour permettre un développement durable.

 

Auteur de l’article : Acentek01