Le Tchad devient le 113ème signataire de la Déclaration de Genève

 

La Déclaration de Genève (DG) sur la violence armée et le développement est une initiative lancée en 2006 par la Suisse et le PNUD. La DG est à ce jour l’instrument politique le plus avancé sur la question de la violence armée dans le contexte des Etats en développement. Si le nombre de conflits armés s’est réduit ces dernières années, il y a toujours autant de personnes tuées par les armes. 113 Etats sont donc aujourd’hui signataires de la DG. Le Tchad l’a signé fin décembre 2014. En adhérant à cet instrument, le Tchad a démontré sa volonté d’intégrer la réduction de la violence armée et la prévention des conflits à ses stratégies de développement.

5 conférences régionales sur la DG furent organisées cette année (Guatemala, Suisse, Philippines, Maroc et Kenya), afin d’assurer une meilleure appropriation de l’instrument par les Etats de ces régions du monde. Avec le soutien du Département Fédéral des Affaires Etrangères suisse, le CSAPR a participé aux conférences régionales de Rabat (Maroc) les 28 et 29 octobre 2014 et Nairobi (Kenya) les 26 et 27 novembre 2014. Le Tchad n’avait pas encore signé la DG. Pourtant, la violence armée est un fait indéniable dans notre pays. Elle est encouragée par la pauvreté, l’impunité, l’injustice, les conflits communautaires, par la circulation des armes ; cette dernière étant elle-même favorisée par les conflits dans la sous-région, par la porosité des frontières, la corruption. Cette violence répond aussi à des années de conflits qui ont marqué les esprits et les comportements.

Le CSAPR a pu rencontrer les représentants du Ministère des affaires étrangères tchadien, également présents aux Conférences, et travailler avec eux sur l’engagement du Tchad en faveur de la lutte contre la violence armée. Les échanges furent extrêmement positifs et le CSAPR a constaté avec satisfaction que le gouvernement a finalement signé la DG le 24 décembre 2014, c’est-à-dire seulement 1 mois après la dernière conférence sous-régionale.

Le représentant du Ministère des affaires étrangères a rencontré de nouveau le CSAPR le 3 mars dernier pour s’entretenir sur les possibilités d’une collaboration pour l’élaboration d’un plan d’action afin de lutter plus efficacement, ensemble, contre la violence armée. Très enthousiaste, le CSAPR entend bien sûr renforcer ces liens et contribuer davantage aux efforts de consolidation de la paix.

Etre partie prenante à la DG est pour le Tchad un pas de plus en avant pour la consolidation de la paix et le développement. Des programmes très prometteurs pour la réduction de la violence armée inspirés de la DG existent, mis en œuvre par les gouvernements ou par les sociétés civiles : des anciens combattants n’ayant pas bénéficié des programmes de réinsertion sont formés à l’agriculture au Libéria, des détecteurs de métaux au Ghana ont été distribués aux policiers pour contrer la circulation des ALPC, le programme d’enseignement des droits de l’Homme dans le cadre de l’armée et de la police a été révisé aux Philippines, un nouveau programme scolaire en Inde est consacré à la violence armée, un programme officiel d’édification de la paix en Bosnie a été créé… Le Tchad est à présent face à de nouveaux défis : la DG ne doit pas rester lettre morte. Le gouvernement, mais aussi la société civile doivent prendre leurs responsabilités et agir de manière proactive contre la violence armée.

Le CSAPR œuvre depuis ses débuts pour la consolidation de la paix, notamment en revendiquant une réforme sécuritaire effective et des programmes DDR efficaces. Le CSAPR s’est engagé à promouvoir la DG auprès des acteurs de la vie publique tchadienne (autorités, partis politiques…) pour amener les gouvernants à entreprendre des projets de réduction de la violence armée dans le cadre de leurs stratégies de développement. De plus, des projets peuvent déjà être menés par la société civile mais encore faut-il qu’elle dispose des informations et des analyses contextuelles. Le CSAPR s’efforce donc aussi de relayer les informations au sein de la société civile tchadienne. D’ailleurs le CSAPR avait déjà profité de 2 forums d’informations qu’il avait organisé fin novembre sur le projet de dialogue entre acteurs politiques et société civile, afin de restituer aux acteurs politiques et aux leaders de la société civile les éléments des débats de la conférence  de Rabat et les mobiliser pour notre plaidoyer en faveur de la signature de la DG.

Pour se renseigner davantage sur la déclaration de Genève :

http://www.genevadeclaration.org/home.html

 

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Auteur de l’article : Acentek01