La justice transitionnelle est-elle possible au Tchad ?

Du 22 au 24 mai 2014, le CSAPR a organisé un atelier de formation sur la justice transitionnelle. 40 participants y furent conviés, rassemblant les membres de la société civile et les acteurs institutionnels. L’atelier fut ouvert par le Directeur général du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et par le représentant du PNUD au Tchad, en présence de la Médiature de la République.

Depuis l’indépendance, le Tchad a connu plusieurs conflits armés qui furent un grave facteur de division de la société tchadienne. Malgré l’organisation de la conférence nationale en 1993, la question de la réconciliation nationale demeure un défi pour la construction de la Nation. Les tchadiens n’ont pas eu l’occasion véritable de se parler et de pouvoir panser leur plaies. Beaucoup de victimes vivent encore aujourd’hui aux côtés de leurs bourreaux sans qu’aucune justice ne soit rendue. En ce sens, l’ouverture du procès Habré est déjà perçue par les tchadiens comme une occasion de faire la lumière sur l’une des pages sombres de leur histoire mais aussi de jeter les bases d’un processus de réconciliation. Les conflits communautaires actuels prouvent cette nécessité.

Un mécanisme de justice transitionnelle serait-il possible au Tchad ? Beaucoup d’organisations de la société civile ont déjà initié des programmes de dialogue citoyen et de formation à la culture de la paix, afin de permettre aux tchadiens de différentes ethnies, de différentes sensibilités sociales et politiques de dialoguer. De même, pour le CSAPR, la paix véritable passe par la réconciliation des populations.

C’est pourquoi, en plus des missions de formation sur la prévention et la gestion des conflits et les missions de sensibilisation à la paix, le CSAPR a organisé en partenariat avec le PNUD cet atelier de formation sur la justice transitionnelle. Le but poursuivi fut de doter les participants des connaissances et des outils sur la justice transitionnelle, qui est une démarche de reconstruction et de restauration d’une société unie, lui permettant de traiter le passé pour mieux aborder le futur. Les participants ont pu découvrir ou approfondir leurs connaissances sur les piliers et les fondements de ce concept, et échanger sur les expériences étrangères en la matière, notamment celles du Rwanda et d’Afrique du Sud. L’enjeu fut bien sûr de s’interroger sur les perspectives possibles de justice transitionnelle au Tchad et sur les mécanismes qui pourraient correspondre aux réalités tchadiennes.

 

Auteur de l’article : Acentek01