Appel à une sortie de crise politique pour la paix durable en RCA

25 janvier 2014

En ce début d’année 2014, la situation sociopolitique en Centrafrique demeure caractérisée par la persistance des violences et les négociations politiques autour de la gestion de la période de transition.

Le déploiement des forces de la MISCA dans le cadre de la résolution des Nations unies semble encore loin de stabiliser le conflit. L’antagonisme communautaire (musulmans-chrétiens) s’est exacerbé, occasionnant malheureusement le déplacement de milliers de civils vers des camps de réfugiés et de déplacés. Plusieurs ressortissants tchadiens, sénégalais ou maliens, ont également été rapatriés par leurs gouvernements respectifs. Par ailleurs, le désarmement des éléments de la Seleka et des anti-Balakas n’a pas pu se faire de manière rapide et effective, ce qui a favorisé la multiplication de foyer de tensions, ainsi que de nombreuses exactions et violations des droits de l’homme.

Sur le plan politique, les calculs d’intérêts et les querelles politiciennes ont contribué à fragiliser les institutions de la transition, qui ne sont plus parvenues à assurer la bonne marche du processus. C’est dans ce contexte que le sommet de la CEEAC a été convoqué d’urgence le 9 janvier 2014 pour trouver une solution à la crise centrafricaine qui a pris de l’ampleur. Le sommet a décidé de la démission de Michel Djotodia et de Me Nicolas Tiangaye, avec l’adoubement du Conseil National de Transition (CNT), transféré à Ndjamena pour la circonstance.

Tout en appréciant cette initiative politique sous régionale, le CSAPR s’interroge sur de la démarche entreprise par les Chefs d’Etat de la CEEAC, pour démettre les dirigeants centrafricains à N’djamena. Le CNT pouvait bien prendre cette décision hautement politique en territoire centrafricain, comme il vient de le faire, en élisant souverainement Mme Catherine Samba Panza, comme Présidente de la Transition le 20 janvier 2014.

Le CSAPR appelle toutes les forces politiques et sociales centrafricaines à renoncer à toute violence pour résoudre la crise, qui par ailleurs, demeure exclusivement politique. En conséquence, elles doivent privilégier le dialogue et les négociations politiques pour permettre à la Centrafrique de retrouver l’unité nationale et la paix nécessaire au développement du pays.

Le CSAPR salue la décision des Etats de l’Union Européenne pour l’envoi d’une force EUFOR en Centrafrique. Les derniers affrontements entre les groupés armés à Bangui et à Sibut, montre bien la nécessité de renforcer la présence des forces internationales pour assurer la sécurité dans tout le pays.

Enfin, le CSAPR exprime son incompréhension par rapport à une certaine politisation du retour des ressortissants tchadiens vivant en Centrafrique. La solidarité nationale est une action citoyenne, mais elle est inopportune, car le Tchad dispose aujourd’hui des moyens importants qui résultent de l’exploitation du pétrole et peut normalement prendre en charge les compatriotes rapatriés de la RCA.

Auteur de l’article : Acentek01