Appel à une conférence internationale pour la paix durable dans la sous-région

CONFLIT EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

12 février 2014

Le rôle de la communauté internationale et singulièrement celui du Tchad est entaché de faits qui laissent croire une proximité réelle ou supposée du Tchad avec les régimes successifs de la RCA, alors même qu’il détient la présidence de la CEEAC. Si les dernières déclarations de l’organisation Human Rights Watch qui mettent en cause l’implication d’éléments des forces tchadiennes dans le conflit sont confirmées, l’engagement du Tchad, en tant qu’acteur dans le conflit, serait un facteur d’aggravation de la crise.

Le déploiement des forces de la MISCA dans le cadre de la résolution des Nations unies, semble encore loin de stabiliser la situation: les barbaries dont sont victimes les communautés chrétiennes et musulmanes se sont exacerbées, occasionnant malheureusement le déplacement des milliers de civils vers des camps de déplacés. Plusieurs ressortissants étrangers, dont bon nombre de tchadiens, sont rapatriés par leur gouvernement.

Par ailleurs, le désarmement des éléments de la Seleka et des anti-balakas n’a pu se faire de façon rapide et effective, créant ainsi une confusion qui a occasionnée de violations graves des droits humains.

Madame Catherine Samba Penza a été élue Présidente de la Transition le 20 janvier 2014 et doit relever 2 défis majeurs : la restauration de la sécurité par le désarmement des groupes armés ‘séléka et anti-balaka) et par la réhabilitation des forces armées centrafricaines, ainsi que le retour à l’ordre démocratique par l’organisation des élections une fois que la RCA aura retrouvé sa stabilité.

Sans préjuger de l’issue de la transition sous le leadership de Madame Catherine Samba Penza, la profondeur de la crise centrafricaine et ses ramifications dans les pays frontaliers nécessitent une thérapie beaucoup plus globale pour soutenir la Présidente de la transition dans sa difficile tâche.

De ce qui précède, le CSAPR :

Exprime sa compassion et solidarité au peuple centrafricain en général et aux personnes victimes de violences en particulier ;

Appelle toutes les forces politiques et sociales centrafricaines à renoncer à la violence et à privilégier le dialogue en toute circonstance ;

Soutient l’ouverture de l’enquête internationale initiée par les Nations Unies sur les exactions et violations des droits humains commises par les acteurs en conflit mais aussi par les forces internationales déployées dans le cadre de la mission de maintien de la paix ;

Soutient la décision des Etats de l’Union Européenne d’envoyer une force EUFOR en Centrafrique et appelle aussi, compte tenu aujourd’hui de la complexité de la situation, au déploiement des forces onusiennes, afin d’instaurer la sécurité sur le territoire centrafricain et de faciliter une transition politique sans violence ;

Demande à l’état tchadien d’assurer la prise en charge et la protection des personnes qui ont fuit la violence car l’action citoyenne de solidarité en cours ne saurait remplacer le rôle de l’Etat ;

Demande à la population tchadienne de continuer à faire preuve d’amour et d’hospitalité vis a vis des personnes réfugiées et déplacées ;

Encourage les organisations de la société civile à jouer pleinement leur rôle d’éveil de conscience et de contrôle citoyen pour s’assurer que les dons aillent effectivement aux destinataires ;

Appelle les sociétés civiles, les institutions de la sous-région, ainsi que les partenaires internationaux à soutenir l’initiative du CSAPR d’organiser une conférence sous régionale qui sera consacrée à la question de la transition pacifique et à la consolidation de la paix dans la sous-région.

Auteur de l’article : Acentek01